InMedio a écrit : jeu. 26 août 2021 06:49
Sauf que même en faisant attention, ta variété est plus ou moins fixée (sans être forcément une vraie F1, mais appelons-la "F1" quand même) et homogène (bah oui, les graines vont donner ce qui est marqué sur le sachet : on jardine ou on gratte des Astro ?).
Alors, à moins de l'avoir autofécondée toi-même, tu te retrouves à la génération suivante (dont ta graine dans le compost fait partie, appelons-la "F2") avec une explosion de toute la variété des combinaisons de caractères possibles entre la F1 que tu as semé et l'autre parent.
Certes, avec madame F2 comme seule descendante tu ne vois pas cette diversité génétique impressionnante, mais faut imaginer que si tu avais eu 1 000 F2 dans ton compost, la probabilité d'en avoir deux pareilles serait ridicule (je me risquerais même à dire "inexistante").
Tu as fait une boulette où une grosse erreur, une variété fixée est à peu près l'inverse d'un F1 (hybride entre deux variétés fixées, dont la descendance sera effectivement très aléatoire si les parents du F1 étaient eux même assez éloignés).
baptiste a écrit : jeu. 26 août 2021 08:13
Sur certaines choses c'est spectaculaire, par exemple, mes calebasses sont passées en trois génération de 5cm de diamètre à plus de 20, pour d'autres ça l'est beaucoup moins (en trois générations mes pastèques sont passées de la taille d'un balle de ping pong à celle d'un balle de tennis).
Si tu as une variété "pure", je veux dire par là très stable, où chaque gène n'est présent qu'en une seule version (dans l'idéal qui n'existe pas bien sûr, je vulgarise), tu auras beau la reproduire elle ne pourra pas évoluer faute de diversité génétique.
Ma petite expérience perso avec les melons et pastèques a été très décevante, il me semble que ces fruits nécessitent de bonnes conditions d’ensoleillement et d'arrosage pour donner de beaux fruits. Je pense que la variabilité due à l'environnement peut à elle seule expliquer tes observations.
baptiste a écrit : jeu. 26 août 2021 08:13
Bref pour en revenir au sujet de départ, si c'est bien une Pepo qui pousse dans mon compost ça veut dire qu'il faut que j’interrompe ma sélection de courgettes pour repartir sur une nouvelle base l'an prochain.
Non, pas du tout! Il y a seulement un risque, faible (je développerais plus loin) qu'une partie des graines de tes courgettes soient des hybrides. En faisant un peu plus de plants que nécessaire tu n'auras qu'à supprimer ceux qui n'auront pas les traits de la variété que tu souhaite conserver.
L'identification peut se faire en phase végétative si le feuillage est différent, ou avec les fruits. C'est valable si tu ne travailles pas avec des variétés trop semblables. Par exemple, le croisement entre deux sortes de courgettes vertes risque d'être très dur à déterminer, mais si c'est entre une verte et une jaune les hybrides seront voyants.
baptiste a écrit : jeu. 26 août 2021 08:13
Est ce qu'il y à un moyen de savoir avec certitude si c'est bien une Pepo ? Ou alors dans le doute faut que je balance toutes mes graines ?
Pepo=courgette? Dans ce cas, je ne m'en soucierais pas, tu saura facilement reconnaitre un éventuel hybride d'avec cette courge. Les coloquintes toxiques sont rares, tu es loin de tes voisins, les hybrides seront rares, se reconnaissent et en cas de doute tu peux t'abstenir de les consommer... Ne t'en fais pas trop!
baptiste a écrit : jeu. 26 août 2021 08:13
Quand vous dites que le risque d'hybridation diminue avec la distance, on parle de quelle échelle ?
InMedio a écrit : jeu. 26 août 2021 09:48
https://www.diyseeds.org/fr/film/zucchini/
Ici je trouve 1km, voire 500 m en cas de barrières naturelles.
Ça me semble logique pour une pollinisation par les insectes.
Mais tu peux surveiller les éclosions des fleurs et isoler chaque fleur femelle et forcer une autofecondation par la fleur mâle de la même plante.
Sans ça je vois mal comment tu peux t'assurer d'une pureté variétale.
Petit edit :
Je n'avais pas fait attention mais les aromatiques se croisent intra espèce et à moins d'avoir uniquement des clones à distance de pollinisation (on peut reprendre les 500 m) tu vas perdre de la pureté variétale si tu fais de la reproduction sexuée.
Il faut bien distinguer les pratiques des semenciers de ce qu'il est raisonnable de faire en tant qu'amateur. Un semencier vends des variétés stables ou des hybride F1 (première génération) issus de deux variétés stables. Pour faire des semences de qualité, il doit s'assurer qu'elles ne comportent pas d'hybrides involontaires et donc les distances qu'il va respecter correspondent à un seuil statistique à partir duquel la probabilité de ces accidents devient extrêmement faible.
En amateur, si tu ne cherches pas à conserver des variétés très semblables, tu peux parfaitement tolérer et gérer une situation ou tu aurais 1/10 de semences hybridées involontairement.
La pollinisation, que ce soit par les insectes ou par le vent, est un phénomène qui se dilue très vite avec la distance, de façon exponentielle. Le vent disperse le pollen en tous sens et il est raisonnable de penser qu'il sera dilué en fonction du carré ou du cube de la distance (en 2 ou 3 dimensions). Les insectes butinent au plus près tant qu'il peuvent ainsi je considère que la probabilité qu'ils pollinisent une fleur depuis une autre décroit elle aussi très vite avec la distance.
Bref, si tu as 4 pieds de courgettes vertes regroupées et à 20m de là 4 pieds de jaunes, le plus gros de la pollinisation se fera au sein de chaque variété et les rares hybrides seront faciles à identifier.
Et puisque ton but est de faire ta sélection personnelle, maintenir une pureté variétale ne sera pas forcément le plus intéressant pour toi, ça dépendra des cas, de la qualité des variétés.
p.s: Je ne suis pas très callé sur les variétés, les noms latins, etc. par contre tout ce qui concerne les croisements et la sélection, niveau génétique, c'est un sujet que j'aime beaucoup et pense bien maîtriser. Donc si vous voulez plus de précisions ou de développements là dessus il n'y a qu'à demander, je me ferais un plaisir d'essayer de partager ce que je sais.
